Trouble psychique : définition, symptômes et accompagnement des personnes en précarité

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En résumé

Les troubles psychiques peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne, en particulier pour les personnes en situation de précarité, souvent plus exposées à l’isolement et à l’exclusion sociale. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près d’une personne sur huit dans le monde est concernée par un trouble psychique. Mieux comprendre ces troubles permet de favoriser un accompagnement adapté et une meilleure inclusion des personnes concernées.

Sources : 

Qu’est ce qu’un trouble psychique

Définition et différence avec un trouble psychiatrique

Le trouble psychique et le trouble psychiatrique sont deux notions étroitement liées, mais distinctes. Le trouble psychiatrique désigne une maladie affectant la santé mentale, comme la schizophrénie, les troubles bipolaires, les troubles anxieux sévères ou la dépression. Le handicap psychique, quant à lui, correspond aux répercussions durables de ces troubles sur la vie quotidienne de la personne.

Lorsque ces troubles ont un impact durable sur la capacité d’une personne à mener une vie autonome, à maintenir des relations avec les autres, à accéder à l’emploi ou à gérer les actes de la vie quotidienne, ils peuvent conduire à une situation de handicap psychique. Au-delà de la maladie elle-même, ce sont donc ses conséquences sur le fonctionnement social et personnel qui caractérisent ce handicap. Face à ces difficultés, un accompagnement adapté est essentiel pour favoriser l’inclusion et l’autonomie des personnes concernées.

Grâce à ses maraudes et à son écoute bienveillante, l’Ordre de Malte crée du lien avec les personnes en situation de précarité ou confrontées à des troubles psychiques. Cet accompagnement contribue à rompre l’isolement, à lutter contre la stigmatisation et à favoriser leur inclusion dans la société.

 

Définition et différence avec un trouble psychiatrique

Le terme « trouble psychique » désigne un ensemble de manifestations pouvant affecter les émotions, les pensées, les comportements et les relations avec les autres. Ces troubles peuvent se manifester de différentes façons selon les personnes, les pathologies et leur intensité.

Parmi les symptômes les plus fréquents figurent :

  • une tristesse persistante,
  • une anxiété excessive,
  • des troubles du sommeil,
  • des difficultés de concentration,
  • un repli sur soi
  • des changements importants de comportement.

Ces manifestations peuvent apparaître de manière progressive ou plus brutale et varier en intensité au cours de la vie. Les souffrances psychiques peuvent survenir à tout âge et être influencés par différents facteurs, notamment la période de vie traversée et le niveau de stress auquel la personne est confrontée. Ils peuvent également avoir des répercussions sur la conduite, les relations en société et la manière dont l’individu se fait une idée de lui-même et de son environnement. Selon la période concernée, ces difficultés peuvent être vécues différemment et altérer l’idée que la personne se fait de ses capacités, de sa place dans la société ou de son avenir.

Les principaux types de troubles psychiques comprennent :

  • les troubles dépressifs,
  • les troubles anxieux,
  • les troubles bipolaires,
  • les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)
  • la schizophrénie.

Lorsqu’ils ne sont pas pris en charge, ces troubles peuvent avoir un impact significatif sur la vie en société, professionnelle et relationnelle des personnes concernées. Ils peuvent également altérer certaines fonctions essentielles du quotidien, comme :

  • la capacité à communiquer,
  • à prendre des décisions,
  • à maintenir des relations
  • à réaliser des activités courantes.

Une prise en charge précoce permet souvent de limiter leurs répercussions et d’améliorer la qualité de vie des personnes concernées.

 

Trouble psychique et précarité : un lien trop souvent ignoré

Les troubles psychiques et la précarité entretiennent une relation étroite et souvent réciproque. La fragilité économique, l’instabilité du logement, le chômage ou encore la rupture des liens sociaux peuvent favoriser l’apparition ou l’aggravation de troubles de la santé mentale. En effet, ces situations s’accompagnent souvent d’un stress chronique lié à l’incertitude du quotidien, qui peut fragiliser l’équilibre psychologique et accroître le risque de développer certaines pathologies. À l’inverse, ces troubles peuvent rendre plus difficile l’accès à l’emploi, aux droits et au logement, renforçant ainsi l’exclusion. Les personnes concernées se retrouvent alors dans un cercle vicieux où la précarité et la souffrance psychique s’alimentent mutuellement.

 

Isolement social et renoncement aux soins

La précarité constitue un facteur de risque majeur d’isolement . Plusieurs cas peuvent progressivement éloigner les personnes de leur environnement social et accentuer leur sentiment de solitude :

  • la perte d’un logement ;
  • la rupture des liens familiaux ;
  • l’instabilité professionnelle ;
  • l’absence de réseau de soutien.

Cet isolement fragilise la santé mentale et peut favoriser l’apparition ou l’aggravation de troubles tels que l’anxiété, la dépression ou la perte d’estime de soi.

Face à ces difficultés, de nombreuses personnes renoncent à se soigner, soit par manque de moyens financiers, soit en raison de démarches administratives complexes, d’une méconnaissance de leurs droits ou d’un éloignement géographique des structures de soins. Certaines peuvent également éprouver de la méfiance envers les institutions ou ne plus se sentir en capacité d’entreprendre les démarches nécessaires à leur prise en charge. Ce recul vis-à-vis du système de santé constitue un facteur de risque supplémentaire pouvant entraîner une dégradation de l’état psychique ou physique, retarder le diagnostic de certaines pathologies et compliquer leur suivi.

L’isolement et le renoncement aux soins s’inscrivent ainsi dans un cercle vicieux où les difficultés sociales, économiques et sanitaires se renforcent mutuellement. C’est pourquoi le maintien du lien humain, l’écoute, l’accompagnement de proximité et le repérage précoce des cas de fragilité jouent un rôle essentiel dans l’orientation vers les soins, la prévention de l’isolement et la réduction des risques d’exclusion.

 

Le syndrome de Diogène, un exemple de trouble à forte composante sociale

Le syndrome de Diogène illustre les interactions complexes entre souffrance psychique, isolement social et exclusion. Il se caractérise notamment par un isolement extrême, une négligence de l’hygiène personnelle et du logement, ainsi qu’une tendance à l’accumulation excessive d’objets ou de déchets. Les personnes concernées vivent souvent en marge de la société et refusent fréquemment toute aide extérieure. Ce syndrome est généralement associé à une combinaison de facteurs psychologiques, psychiatriques, neurologiques, sociaux et émotionnels.

Parmi les facteurs pouvant favoriser l’apparition ou l’aggravation du syndrome de Diogène figurent notamment :

  • certains troubles psychiatriques, comme la dépression, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou la schizophrénie ;
  • des maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer ;
  • des événements de vie difficiles, comme un deuil, une séparation ou un traumatisme ;
  • l’isolement social prolongé et la perte progressive des repères relationnels.

Les manifestations observées peuvent avoir des conséquences importantes sur les conditions de vie de la personne :

  • dégradation progressive du logement ;
  • insalubrité et risques sanitaires ;
  • rupture des liens familiaux et sociaux ;
  • renoncement aux soins ;
  • aggravation de la souffrance psychique et de l’exclusion.

Ce syndrome met en lumière l’importance d’un accompagnement humain, progressif et respectueux, mobilisant à la fois les acteurs du secteur social, médico-social et sanitaire afin de recréer un lien de confiance et de favoriser un retour vers les soins lorsque cela est nécessaire. La désocialisation peut en effet être à la fois une cause et une conséquence du trouble, créant un cercle vicieux qui renforce la solitude et les difficultés du quotidien.

À travers ses maraudes, l’Ordre de Malte recrée du lien avec les personnes vivant dans la rue. L’écoute et l’accompagnement proposés par les bénévoles permettent :

  • lutter contre l’isolement ;
  • lutter contre la précarité ;
  • favoriser l’accès aux soins ;
  • soutenir les personnes confrontées à ces problèmes psychiques ou à une grande précarité ;
  • repérer les situations de grande vulnérabilité ;
  • orienter les personnes vers les structures sociales adaptées.

Grâce à leur présence régulière sur le terrain, les bénévoles peuvent identifier des situations souvent invisibles, créer un premier contact et accompagner progressivement les personnes vers une prise en charge adaptée. Cette relation de confiance constitue une étape essentielle pour rompre l’isolement et prévenir l’aggravation de l’exclusion sociale.

Comment accompagner ou orienter une personne en souffrance psychique ?

Le rôle de nos maraudes

Les maraudes de l’Ordre de Malte jouent un rôle essentiel auprès des personnes en situation de grande précarité, dont certaines sont confrontées à des troubles psychiques. En allant directement à leur rencontre dans la rue, les bénévoles et les équipes de terrain apportent une aide concrète, une présence rassurante et une écoute sans jugement. Cette approche permet de créer un premier lien de confiance avec des personnes souvent éloignées des dispositifs d’accompagnement et de soins.

Au-delà de l’aide matérielle, les maraudes contribuent à rompre l’isolement, à repérer les cas détresse mentale et à orienter les personnes vers les structures adaptées lorsque cela est nécessaire. Grâce à cette présence régulière et bienveillante, elles constituent un véritable point d’ancrage pour des personnes fragilisées, favorisant leur accompagnement et leur réinsertion dans la société.

 

Parcours d’orientation : répertoire des structures d’accompagnement

Face à un trouble psychique, il est essentiel de pouvoir s’appuyer sur des professionnels et des structures adaptées. Selon les besoins, différents acteurs peuvent accompagner les personnes concernées vers le soin, le soutien psychologique ou l’accompagnement.

  • Les CMP (Centres Médico-Psychologiques) : structures publiques de proximité qui assurent l’accueil, l’évaluation, le suivi et l’orientation des personnes souffrant de problèmes mentaux. Les consultations y sont réalisées par des équipes pluridisciplinaires composées notamment de psychiatres, psychologues et infirmiers.
  • Les CMPP (Centres Médico-Psycho-Pédagogiques) : établissements spécialisés dans l’accompagnement des enfants et adolescents présentant des difficultés psychologiques, émotionnelles, comportementales ou d’apprentissage. Ils proposent un suivi thérapeutique, éducatif et rééducatif adapté.
  • Les assistants sociaux : ils accompagnent les personnes dans leurs démarches administratives, l’accès aux droits, au logement, aux soins ou à l’insertion professionnelle. Leur rôle est essentiel pour prévenir l’exclusion et favoriser l’autonomie.
  • Les lignes d’écoute (Samu , SOS Amitié, Fil Santé Jeunes…) : accessibles par téléphone ou en ligne, elles offrent une écoute anonyme et bienveillante aux personnes en détresse, en situation d’isolement ou confrontées à des difficultés psychologiques. Elles peuvent également orienter vers les structures et professionnels adaptés.

 

Étapes de la prise en charge

  • Maraude et première écoute – création d’un lien de confiance, recueil des informations essentielles.
  • Évaluation médicale et sociale – transmission des données aux CMP/CMPP ou aux psychiatres, selon la classification du trouble.
  • Orientation – mise en relation avec les professionnels adéquats, suivi des rendez‑vous et rappel téléphonique.
  • Suivi continu – les bénévoles assurent une présence régulière, renforçant le maintien du lien et favorisant l’adhésion aux soins.

Toutes nos actions respectent les références professionnelles nationales (OMS, HAS) et sont consignées dans un outil de suivi partagé avec les partenaires locaux, garantissant transparence et impact mesurable.

Questions fréquentes

Quelle est la définition officielle d’un trouble psychique selon l’OMS ?

L’OMS définit le trouble psychique comme une altération majeure de l’état cognitif, des émotions ou du comportement, accompagnée de détresse ou de déficiences fonctionnelles qui entravent le quotidien. Cette description insiste sur l’impact sur le bien‑être et la santé mentale globale. Dans le cadre de notre action, l’Ordre de Malte assure une écoute attentive et un accompagnement humain, afin de favoriser le rétablissement et le maintien du lien pour les personnes en situation de précarité. (source : OMS, Nations Unies)

 

Quelle est la prévalence des cinq troubles psychiques les plus fréquents ?

Selon les données de l’Institut du Cerveau et les estimations de la HAS, près de 29 % de la population française connaîtra au moins un trouble mental au cours de sa vie. Les troubles les plus répandus qui représentant la majorité des consultations en santé mentale.:

  • la dépression,
  • les troubles anxieux,
  • la schizophrénie,
  • les troubles bipolaires,
  • tentatives de suicide,
  • les addictions,

Cette forte prévalence souligne l’importance d’un soutien accessible. L’Ordre de Malte intervient régulièrement auprès des personnes isolées, offrant un premier point de contact et orientant vers les structures spécialisées. (source : Institut du Cerveau, HAS)

 

Quels sont les traitements disponibles et les perspectives de guérison ?

Les prises en charge combinent psychothérapie, médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, antipsychotiques) et interventions psychosociales, conformément aux recommandations de la HAS. La plupart des patients peuvent atteindre une amélioration significative, voire une guérison fonctionnelle, lorsque le suivi est précoce et continu. L’accompagnement communautaire joue un rôle clé dans l’observance du traitement. L’Ordre de Malte, au service des plus fragiles depuis près d’un millénaire, renforce cet effort en proposant des moments de convivialité et un soutien moral, contribuant ainsi à la stabilité et à la motivation des personnes concernées. (source : HAS, OMS)

 

Quelle différence entre trouble psychique et trouble psychiatrique ?

Le trouble psychique désigne la manifestation de difficultés émotionnelles, cognitives ou comportementales qui peuvent entraîner un handicap, sans impliquer nécessairement une pathologie médicale. En revanche, le trouble psychiatrique renvoie à la discipline médicale : il est reconnu par la loi française (loi handicap de 2005) comme nécessitant un suivi en psychiatrie, avec des dispositifs légaux de suivi et de traitement. Ainsi, le premier relève du champ de la santé communautaire, le second du secteur médical. L’Ordre de Malte intervient en amont, offrant écoute attentive et moments de convivialité aux personnes sans‑abri, afin de préparer un accès serein à un suivi médical ultérieur.

 

Quels sont les pathologies psychiques les plus fréquentes ?

  • Dépression : environ 10 % des Français sont touchés chaque année, selon les données de Santé Publique France.
  • Anxiété : les troubles anxieux affectent près de 15 % de la population, d’après les estimations de l’Inserm.
  • Bipolaire : la prévalence est estimée à 1 % des adultes, selon le Centre national de la recherche médicale.
  • Schizophrénie : entre 0,7  et 1 %, soit près de 600 000 personnes en France (source : Inserm).
  • Personnalité : les troubles de la personnalité concernent près de 6 millions d’individus

L’Ordre de Malte participe activement à la détection précoce de ces pathologies en proposant, lors de ses maraudes, une écoute attentive et un accompagnement humain, favorisant ainsi un accès plus rapide aux soins spécialisés.

 

Un trouble psychique peut‑il guérir ?

Bien que la guérison totale reste exceptionnelle, les données montrent qu’une rémission durable est atteignable. En France, le traitement combiné (médicaments + psychothérapie) conduit à une rémission chez près de 70 % des patients atteints de dépression majeure, selon les études récentes. Cette amélioration résulte d’un suivi pluridisciplinaire associant médicaments, psychothérapie et prévention des rechutes. L’accompagnement social de l’Ordre de Malte, par une écoute régulière et le maintien du lien, renforce ce traitement, offrant un cadre de soutien indispensable à la stabilité émotionnelle.

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