Renoncement aux soins : comprendre et agir avec nos antennes mobiles

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En 2026, le taux national de renoncement aux soins s’établit à 73 % de la population, selon une étude publiée par la Drees. Cette hausse de 10 % depuis 2022 reflète un temps d’attente plus long et un besoin de soins croissant. Les disparités territoriales restent fortes : les grandes régions sont nettement plus couvertes que les zones rurales, où le taux demeure toutefois élevé pour les caisses d’assurance maladie et les ACS.

Qu’est‑ce que le renoncement aux soins ?

Définition et contexte

Le renoncement aux soins désigne la situation dans laquelle un patient ne sollicite pas, ou abandonne, une prise en charge médicale jugée nécessaire. Selon la Drees et le Ministère de la Santé, ce phénomène comporte deux dimensions :

  • le renoncement à la prise de soin curatif ou préventif ;
  • le renoncement au suivi continu, souvent lié à la maladie chronique.

Dans le système de santé français, le taux de renoncement a connu une hausse constante depuis 2010. Les réformes de l’Assurance maladie, notamment la généralisation du tiers‑payant et la simplification des démarches de prise en charge, ont cherché à réduire l’impact budgétaire et les difficultés d’accès. Malgré ces mesures, le baromètre 2026 compte 73 % de la population française a renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, soit une progression de 10 points en deux ans et 5 points depuis 2022.

Chiffres 2026

  • Taux de renoncement : 73 % (source : Drees, baromètre 2026)
  • Évolution : +10 points depuis 2024, +5 points depuis 2022
  • Motifs principaux : coût de l’assurance complémentaire, délais d’attente, difficulté d’accès aux lieux de soins

Ces indicateurs, associés aux enjeux de droit à la santé et à la solidarité, ouvrent la voie aux sous‑sections suivantes qui détailleront les formes de renoncement et les données chiffrées précises.

Les principales causes du renoncement aux soins

Le phénomène de renoncement aux soins est multifactoriel : il résulte d’un enchevêtrement de contraintes financières, de délais d’attente prolongés et de difficultés administratives. Nous détaillons ci‑dessous ces trois catégories, chacune appuyée par les dernières données de la Drees et de l’enquête EN3S.

Barrières financières

Selon la Drees (2025), le reste à charge élevé constitue la première barrière. En 2022, 71 % des personnes handicapées ont renoncé aux soins dentaires, invoquant principalement le coût des actes et les limites de remboursement de la Sécurité sociale ainsi que des complémentaires santé. Les cotisations croissantes des assurances complémentaires aggravent ce besoin d’allègement budgétaire, surtout chez les ménages aux revenus modestes.

Délais d’attente liées

Les délais d’attente constituent un frein majeur à l’accès aux soins. Les études françaises et les données de l’OCDE montrent qu’en 2025, obtenir un rendez‑vous chez un spécialiste nécessite en moyenne plusieurs mois, avec des spécialités particulièrement saturées comme la dermatologie, la cardiologie ou la psychiatrie. Ces délais prolongés ont un impact sur de nombreux français à reporter ou renoncer à leur suivi médical, en particulier parmi les publics vulnérables pour qui l’absence au travail représente un coût important. Les disparités territoriales renforcent ces difficultés : si les zones urbaines se situent autour de deux mois d’attente, les zones rurales subissent une pénurie de spécialistes qui allonge encore les délais et oblige les français à parcourir de longues distances. Ces retards accumulés entraînent une dégradation de l’état de santé, augmentent le risque de complications et alimentent le phénomène de renoncement aux soins.

Freins administratifs

Les procédures administratives complexes constituent un frein majeur à l’accès aux soins. Selon l’enquête EN3S, on compte 40 % des personnes interrogées jugent les démarches auprès de l’Assurance maladie et des organismes complémentaires trop lourdes. La multiplication des formulaires, l’exigence de nombreuses pièces justificatives et l’absence d’accompagnement suffisant génèrent un découragement marqué, en particulier chez les publics les plus fragiles. Cette complexité administrative se traduit par un taux élevé de dossiers incomplets : près d’un tiers, d’après la Drees, notamment pour les demandes de CMU‑C ou d’ACS.

Ces obstacles administratifs s’ajoutent aux autres facteurs de renoncement aux soins et accentuent les inégalités pour les populations précaires. Ils justifient pleinement la mise en place de dispositifs dédiés, tel qu’un allègement des justificatifs requis et un accompagnement individuel assuré par des assistants sociaux, afin de garantir un accompagnement effectif.

Comment nos antennes médicales mobiles préviennent le renoncement

L’Ordre de Malte France agit au plus près des personnes qui n’ont plus accès au système de santé, en déployant deux types d’antennes adaptées aux réalités du terrain.
Dans plusieurs villes comme Nice, Nantes ou Toulouse, des antennes stationnent à proximité de distributions alimentaires organisées par d’autres associations. Elles permettent aux personnes vivant à la rue de rencontrer un médecin ou un infirmier, sans rendez‑vous et sans aucune démarche administrative.
En parallèle, des antennes médicales mobiles se déplacent dans des zones rurales – comme dans l’Eure, dans l’Oise, en Haute-Vienne ou en Creuse – pour intervenir sur rendez‑vous, à la suite d’un signalement émanant de professionnels sociaux. Les bénévoles se rendent ainsi auprès de personnes isolées qui ne peuvent pas se déplacer pour diverses raisons :

  • personnes âgées
  • personnes qui n’ont pas de voiture ou les moyens de payer de l’essence
  • personnes en situation de handicap,
  • personnes très isolées,

Au‑delà d’un consultation de première intention — soins de bobologie, auscultations, délivrance de médicaments — l’objectif premier de ces antennes est de restaurer de la confiance avec des personnes qui, pour beaucoup, se méfient des institutions. Les bénévoles prennent le temps d’écouter, de rassurer et d’accompagner, afin de lever progressivement les freins financiers, administratifs ou géographiques qui conduisent au renoncement aux soins.

Ces dispositifs ne se substituent pas aux structures de santé existantes : ils constituent une porte d’entrée essentielle vers un parcours de soins durable. Une fois le lien social et la confiance établie, les équipes orientent les patients vers les professionnels et établissements adaptés, facilitant ainsi leur réintégration dans le système de santé.

Enfin, les antennes jouent un rôle précieux d’observation sanitaire. Les informations recueillies lors des consultations permettent d’identifier les besoins réels des territoires et d’éclairer les acteurs publics sur les évolutions nécessaires en matière d’accès aux soins.

Autres solutions pour réduire le renoncement aux soins

Outre les antennes mobiles, plusieurs dispositifs complémentaires participent à la réduction du renoncement aux soins au sein de la population :

  • Maraudes médicales : c’est un cabinet médical mobile, qui se déplace en ville sur signalements, pour apporter des soins de base aux personnes sans domicile fixe. En 2023, on compte près de 1 000 bénéficiaires ont eu recours aux soins (rapport d’activité 2023). Elles ciblent les publics les plus fragiles et améliorent l’accès immédiat à la santé.
  • Centres de soins : L’Ordre de Malte France propose depuis 2016 des consultations gratuites ou partiellement une assistance pour des personnes en situation de précarité. Dans 9 centres répartis en France, des médecins généralistes, spécialistes, infirmiers et pharmaciens offrent chaque semaine des soins variés : dentaire, ophtalmologie, dermatologie, médecine générale. Les bénéficiaires, souvent orientés par des travailleurs sociaux, les CCAS ou les PASS, reçoivent un accompagnement, destinée à les soigner et les réintégrer dans le système de santé.
  • Aides financières : dispositifs tels que la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), le RSA, la prime d’activité ou les subventions locales. Elles sont attribuées aux personnes dont les ressources sont inférieures aux seuils légaux, permettant de mieux couvrir les frais de consultation, de médicaments et d’hospitalisation. Selon les informations d’Adultes Vulnérables, ces aides constituent un levier essentiel pour garantir l’accès aux soins aux plus vulnérables.

Questions fréquentes sur le renoncement aux soins

Quelle différence entre renoncement et refus de soins ?

Le renoncement aux soins est défini dans le Code de la santé publique comme le fait pour un patient de ne pas solliciter ou d’abandonner un suivi jugé nécessaire, souvent sous l’effet de contraintes externes (coût, délai, complexité administrative). En revanche, le refus de se soigner relève d’une décision éclairée et volontaire du patient, qui exerce son droit à l’autonomie thérapeutique conformément à l’article L.1111‑4 du même code et aux recommandations de la HAS.

  • Exemple de renoncement : une personne sans couverture complémentaire reporte une consultation de diabète parce que les frais restent un obstacle.
  • Exemple de refus : un patient informé décide de ne pas subir une intervention chirurgicale non urgente, après avoir reçu toutes les informations nécessaires.

Identifier correctement la catégorie permet d’orienter l’accompagnement : le renoncement nécessite une aide financière ou administrative, tandis que le refus engage le respect du droit du patient à une décision libre et documentée.

 

Où trouver une aide pour les raisons financières ?

Le drees indique que plus de 70 % des personnes en situation de précarité renoncent à un soin faute de moyens. Plusieurs dispositifs permettent de lever ces freins :

  • CMU‑C / Complémentaire santé solidaire : ressources du foyer comprises entre le plafond A et le plafond B (ex. 9 032 €‑12 193 € pour une personne seule). La demande se fait auprès de la caisse de Assurance Maladie, avec justificatifs de revenus et de domicile.
  • ACS (Aide à la Complémentaire Santé) : aide moyenne de 971,37 € par mois en 2024. Conditions similaires à la complémentaire solidaire, à solliciter via la même caisse avec avis d’imposition.
  • Aides locales : subventions ou bons santé proposés par les collectivités ; dossiers déposés auprès du service municipal.
  • Mutuelles solidaires : adhésion sans frais d’entrée, souvent conditionnée à une situation de précarité reconnue.

Nous vous invitons à prendre contact rapidement avec votre caisse d’assurance ou le service le plus proche pour lancer la démarche.

 

Quels sont les principaux facteurs qui incitent à renoncer aux soins ?

Les facteurs identifiés sont : les barrières financières (coût des consultations, manque de couverture), les délais d’attente prolongés dans les spécialités critiques, et la complexité des démarches administratives (inscription à la Caisse d’Assurance Maladie, CSS, etc.). Ces éléments sont détaillés dans nos sections précédentes et corroborés par le baromètre Drees 2026.

 

Où les patients peuvent‑ils accéder à une aide immédiate ?

Nos antennes mobiles offrent un service gratuit et inconditionnel dans les zones à forte vulnérabilité. Pour un suivi continue, nous invitons les usagers à se rendre dans nos centres de soins, où des professionnels assurent suivi chronique et prévention.

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