International - Publié le 12/09/2022 Lecture 4 min

Côte d’Ivoire : soigner les fistules obstétricales pour offrir une vie meilleure

Pour la troisième fois en moins d’un an, l’hôpital Saint-Jean Baptiste de Bodo-Tiassalé -au sud de la Côte d’Ivoire- a mis sur pied une mission opératoire dédiée aux femmes souffrant de fistule obstétricale. Du 22 août au 10 septembre, des experts venus d’autres pays étaient sur place. Double objectif pour ces médecins : soigner les femmes identifiées au préalable, tout en formant leurs confrères locaux.

La fistule obstétricale est une véritable épée de Damoclès pour les femmes enceintes les plus vulnérables. Pendant toute leur grossesse, et jusqu’au moment de leur accouchement, le scenario d’une naissance difficile avec de lourdes séquelles est bien présent dans leur esprit.

Faute d’un suivi adapté pendant le travail, la fistule obstétricale est l’une des conséquences les plus graves d’un accouchement compliqué. « La fistule obstétricale est un orifice plus ou moins grand entre le vagin et la vessie ou entre le vagin et le rectum, suite à un accouchement difficile. Il en résulte une perte d’urines ou de selles permanente par le vagin », expose concrètement le Docteur Konaté Ibrahima, chirurgien viscéraliste de l’établissement.

 

Une maladie invalidante et excluante

Cette maladie met les femmes en marge des communautés au sein desquelles elles évoluent. « J’en ai gros sur le cœur contre mon mari qui m’a abandonné [à cause de cette maladie], car si c’était moi qui l’avais abandonné pour cause de maladie, on me traiterait de mauvaise femme », témoigne l’une des femmes opérées pendant cette troisième mission.

Isolement, souffrance psychologique et physique… la liste des effets de cette maladie – encore tabou – est longue. Si elle n’est pas traitée, en plus d’une incontinence chronique, la fistule obstétricale entraîne, en effet, de nombreux désagréments corporels : infections à répétition, maladies rénales, blessures douloureuses, infertilité…

Grâce à cette 3e mission opératoire, les équipes de l’hôpital ont soigné une cinquantaine de femmes. Opérée pendant cette mission, la patiente qui s’exprime ici confie :

« Mes urines coulent sur moi depuis 21 ans. J’ai été opérée quatre fois, ça s’est un peu amélioré. Mais avec cette opération, j’attends ma guérison totale 

Former les médecins…

Pour permettre aux médecins de se former à la prise en charge de la fistule obstétricale, l’hôpital a pour objectif d’organiser encore deux missions opératoires dans les prochains mois. Lors des deux premières missions, des chirurgiens français s’étaient déplacés et pour cette troisième édition, deux experts, l’un de Gambie et l’autre du Tchad, ont été mobilisés. « Au bout de 5 campagnes, on devrait être capable de prendre en charge les fistules simples. Pour les cas complexes il faudra encore quelques années d’apprentissage », souligne le Docteur Taoka Sekou, de l’hôpital Saint-Jean Baptiste.

… pour réinsérer des femmes exclues

Un fois soignées, les femmes, qui ont tant souffert de cette maladie très lourde, ont l’espoir de se réinsérer au sein de la société. Quand elles sont guéries, celles-ci renouent avec confiance et dignité et peuvent, par exemple, retrouver un emploi. Cela se fait à travers un partenariat avec une association partenaire spécialisée.

De manière générale, la fistule obstétricale peut être évitée en grande partie notamment en améliorant la prise en charge des accouchements et en prodiguant des soins obstétricaux en temps utile.

 

La fistule obstétricale en quelques chiffres :

  • Chaque jour, dans le monde, plus de 800 femmes meurent de complications liées à la grossesse
  • 1 à 2 millions de femmes vivent avec une fistule obstétricale
  • Entre 50 000 et 100 000 cas recensés chaque année

 

Sources : Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA)

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