Mercredi 9 août, un terrible incendie a fait 11 victimes dans la région de Colmar. Ce bilan tragique a été établi après l’extinction du feu qui a dévasté un gîte de vacances accueillant une trentaine de personnes handicapées mentales légères avec leurs encadrants. Vite déclenchés par la Préfecture, plusieurs de nos secouristes de l’UDIOM68 se sont rendus sur place pour venir en aide aux rescapés.
Des 28 personnes présentes sur place, seules 17 ont pu être évacuées. Il s’agit du bilan le plus meurtrier en France depuis 2016. Christophe Martinez, responsable de l’UDIOM68, témoigne : « En 30 ans de « carrière » secouriste, c’était la première fois que j’étais confronté à un événement impliquant autant de victimes… Une expérience éprouvante, j’espère ne pas avoir à la revivre ».
« L’incendie s’est déclenché vers 6h30, poursuit-il toujours ému. A 9h15, la Préfecture m’a appelé pour mobiliser l’UDIOM. J’ai mis un message sur notre whatsapp et à 10h40, alors que le lieu du drame était situé à 40 kilomètres de là, nous étions 5 à arriver sur place pour assurer presque 48h d’affilée. Nos bénévoles ont été très réactifs face à l’ampleur de la tragédie ». Leur mission : mettre en place, en partenariat avec la Protection Civile et l’Unité Mobile de Premier Secours 68, un Centre d’Accueil des Impliqués (CAI), dans une salle polyvalente mise à disposition par la mairie. Rapidement, tout est installé pour pouvoir accueillir les rescapés dans un premier temps, puis les familles : lits, nourriture, café, cellules médicale et psychologique… Pendant ce temps, devant les décombres fumants du gîte, les rescapés étaient d’abord pris en charge par les pompiers et les médecins, avant d’être acheminés en minibus vers le CAI.
« Nous leur avons parlé pour les rassurer, les avons dirigés vers les psychologues, puis nourris et occupés pour essayer de leur changer les idées, en attendant leurs parents ou leur évacuation vers d’autres centres d’accueil pour la nuit. Ils n’avaient plus aucune affaire mais le soir, vers 21 h, nous avons pu aller rechercher les valises, vêtements, téléphones portables et papiers d’identité qui avaient échappé au feu et à l’eau. Certains n’ont donc pas tout perdu ! » Nos bénévoles étaient venus avec tout le matériel médical nécessaire pour faire face, par exemple, à d’éventuels malaises – « nous craignions beaucoup les réactions des familles qui arrivaient évidemment très choquées » – ainsi qu’avec leur ambulance pour pouvoir assurer des évacuations. « Rien de tout cela n’a été nécessaire. En revanche, il a fallu faire face à la douleur… C’est important alors d’avoir des secouristes un peu « chevronnés » ayant un minimum d’expérience et de savoir-faire. Mais je savais que je pouvais compter sur mon équipe ! » Une fois toutes les familles reparties, nos bénévoles ont quitté les lieux, après la visite du Premier Ministre Elisabeth Borne et de la ministre des Solidarités, Aurore Bergé, qui les ont chaudement félicités pour le travail accompli.
Comment agir avec nous ?