Côte d’Ivoire : l’Hôpital Saint-Jean Baptiste mobilisé dans la lutte contre la fistule obstétricale

1er rang, de gauche à droite : Prisca Goué (aide-soignante), le Docteur Kra (gynécologue), le Docteur Colas (chirurgien urologue), le Docteur Taoka (gynécologue, chef de service), le Docteur Schoenahl (chirurgien urologue), le Docteur Konate (chirurgien viscéraliste), et Severin Gnahore (major du bloc opératoire). 2nd rang, de gauche à droite : Emmanuel Tanoh (Stagiaire AS), Maizan Bidio (AS), Marius Kouassi (infirmier anesthésiste)

 

Pour la première fois de son histoire, l’hôpital Saint-Jean Baptiste de Bodo-Tiassalé a accueilli pendant les deux premières semaines de décembre une mission opératoire destinée à soigner des femmes souffrant de fistule obstétricale. À terme, l’établissement a pour but de devenir un centre de référence régional pour la prise en charge de cette maladie.

Dans le cadre de la lutte contre les fistules obstétricales, une trentaine de patientes et leurs accompagnants ont été accueillis dans de grandes tentes, équipées de moustiquaires, de lumière et de ventilateurs. Des équipes logistiques et soignantes ont été détachées spécialement pour assurer la continuité de l’accueil, des soins et de l’hygiène sur l’ensemble de la période de la mission.

En collaboration avec le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population) et deux chirurgiens français spécialisés, la mission s’est déroulée pendant 15 jours et a permis de prendre en charge une trentaine de femmes identifiées au préalable.

Une maladie discriminante

Provoquée par un arrêt du travail lors d’un accouchement long et difficile, sans soins obstétricaux, la fistule obstétricale est un véritable fléau qui touche l’Afrique subsaharienne, l’Asie, la région des États arabes, l’Amérique latine et les Caraïbes. Elle frappe principalement les femmes les plus fragiles. En l’absence de traitement, la fistule obstétricale entraîne des infections, des troubles rénaux, voire une infertilité. Mais « les conséquences sont [tout] autant physiques que sociales », souligne le Docteur Konate, chirurgien viscéraliste de l’Hôpital Saint-Jean Baptiste. « (…) La personne ne peut plus se retenir et (…) [elle] ne sent pas propre et est rejetée par sa communauté ». Au sentiment de honte qui pèse sur ces femmes s’ajoutent souvent une exclusion des cercles familiaux et communautaires ainsi qu’une aggravation de la pauvreté. Ainsi suite à la prise en charge médicale, un suivi social de la patiente est nécessaire pour lui permettre de se réintégrer socialement mais aussi économiquement. En Côte d’Ivoire c’est l’AIBEF (Association Ivoirienne pour le Bien-Etre Familial) qui va assurer ce suivi.

Une intervention de fistule obstétricale.

Former nos soignants et sensibiliser à l’importance des soins

Pour toutes ces raisons, l’Ordre de Malte France a décidé de permettre à ses équipes soignantes de monter en compétence pour mieux soigner les patientes atteintes par cette pathologie. Deux chirurgiens français se sont ainsi rendus à l’Hôpital Saint-Jean Baptiste pour renforcer les connaissances des soignants locaux sur cette pathologie et pour soigner des femmes qui en souffrent.

Il est fondamental de faire comprendre aux femmes concernées que « leur problème a une solution chirurgicale », explique le Docteur Gisèle Kra, gynécologue de l’Hôpital. Afin d’établir un lien de confiance entre soignants et patientes, l’équipe médicale de l’Hôpital est très à l’écoute des femmes soignées. « On (…) explique que cette opération va [leur] changer la vie pour le meilleur », expose le Docteur Konate.

Cette première mission opératoire avait pour but de poser les premières pierres d’un projet à long terme. Pour l’Hôpital Saint-Jean Baptiste de Bodo-Tiassalé, il s’agit de devenir un pôle de référence de prise en charge de la fistule, car il n’y en pas dans cette région du sud du pays et les besoins sont criants.

 

 

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