Tout juste achevée, la nouvelle chapelle de l’hôpital Saint-Jean-de-Malte à Njombé (Cameroun) a été inaugurée le 10 octobre dernier. L’occasion d’une belle cérémonie, qui a rassemblé le personnel et les patients de la structure mais aussi des représentants des autorités locales, notamment l’Evêque et le Préfet.
Après neuf mois de travaux, la chapelle a été consacrée sous le vocable de « Notre Dame de Philerme », lors d’une messe célébrée par Monseigneur Dieudonné Espoir Atangana, évêque de Nkongsamba. Les invités – parmi lesquels on comptait Bruno de Bengy qui représentait le Président de l’Ordre de Malte France, l’ambassadeur de l’Ordre Souverain de Malte au Cameroun, Jean-Christophe Heidsieck, et Hubert Jeu, de la Direction Hospitalière internationale – ont pu ensuite bénéficier d’une visite de l’établissement et de ses différents services : centre professionnel de formation aux actions de secours (avec une démonstration de la prise en charge d’un accidenté de la route) ; services d’accueil et des urgences (SAU), de chirurgie, néonatalogie, gynécologie, pédiatrie et médecine. Un repas convivial a clôturé les festivités, après les allocutions et photos.
Une dimension en plus
Décidée par la direction de l’hôpital, l’idée de cette construction a été acceptée et financée par l’Ordre de Malte France et le financement validé par la Direction Hospitalière Internationale. Le besoin s’était en effet sentir d’un espace de recueillement et de prière pour les patients, leurs familles et le personnel médical, permettant de trouver du réconfort et de réduire le stress et l’anxiété dans des moments difficiles. D’autant plus que la messe se déroulait auparavant devant le hall des urgences, dans des conditions précaires. Le nouveau bâtiment permettra désormais d’organiser des cérémonies religieuses (baptêmes, funérailles…) facilitant ainsi les sacrements pour ceux qui le souhaitent : « par la Présence Réelle offerte dans cette chapelle, « Notre Seigneur se trouve ainsi au milieu de l’hôpital, au plus près des malades », témoigne Thierry Lion, Directeur Hospitalier International. Il se félicite également de la nomination par l’évêque d’un aumônier.
Sindy Semelane, chargée du Centre d’Actions de Secours de l’hôpital Saint-Jean de Malte, ajoute : « Cette chapelle a aussi une dimension humaine, rappelant l’importance de la compassion et de l’humanité dans le milieu médical, en intégrant une approche holistique des soins. Elle renforce aussi l’idée de respect de l’autre. Pour conclure, elle va permettre d’enrichir l’expérience de soins, en apportant une dimension spirituelle essentielle pour beaucoup ! »
Un peu d’histoire…
La Vierge de Philerme est une icône certainement d’origine byzantine, actuellement exposée au Musée d’Art et d’Histoire de Cetinje (Monténégro). Découverte par les chevaliers de l’Ordre de Malte lors de leur conquête de l’île de Rhodes en 1306-1310, sa renommée postérieure est due aux miracles obtenus par son intercession. Chassés de Rhodes puis de Malte, les Chevaliers veillèrent toujours à la préserver. Avec un morceau de la vraie Croix et une relique de la main de saint Jean-Baptiste, elle fut remise au tsar Paul Ier de Russie à la fin du XVIIIème siècle et conservée près de Saint-Pétersbourg. Ayant échappé à la destruction lors de la Révolution bolchévique de 1917, après plusieurs rebondissements, elle fut transférée à Belgrade en 1932, avant que sa trace ne soit perdue, à partir de 1941. Retrouvée, ainsi que les reliques, en 1993, elle a été rendue à la vue du public à Cetinje.
4/ Un nouveau souffle solidaire à Marseille – Validé pour Hospi
L’Ordre de Malte France a récemment ouvert une épicerie sociale à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Ce projet solidaire, au cœur de la ville, a pour objectif d’apporter une réponse concrète aux difficultés rencontrées par une part croissante de la population.
« Un jour, je suis arrivé dans le local. Tous – bénévoles et bénéficiaires – étaient en train de partager un café en discutant », se réjouit le délégué départemental de l’association, Alain Béranger. « Les personnes en situation de précarité ont vraiment besoin d’une écoute attentive. Nous ouvrons théoriquement à 15 heures mais les bénévoles arrivent plus tôt pour installer et s’occuper de l’administratif (gestion des stocks, commandes, etc.). Certains, le sachant, se présentent avant l’heure officielle et en profitent pour parler. »
L’épicerie sociale a donc tout de suite « trouvé » son public. Située dans le VIème arrondissement, en plein centre-ville, dans un local loué au diocèse à prix modéré, elle est ouverte deux après-midi par semaine, le mardi et le jeudi de 15h à 17-18h, sur rendez-vous.
Un premier rendez-vous déterminant
Chaque bénéficiaire, adressé par les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) de la ville ou par la Maison des Solidarités départementale, est d’abord reçu une première fois, un peu longuement : le temps pour les bénévoles de mieux connaître ses difficultés, ses besoins et ses habitudes. Un certain nombre de points lui est alors attribué en fonction de son « reste-à-vivre » – préalablement calculé par les assistantes sociales lorsqu’elles étudient les dossiers – et de la composition de son foyer. Ces points sont ensuite décomptés à chaque passage en caisse, selon les produits récupérés, dans un souci d’équité. Alain Béranger précise : « Nous proposons un contrat de 6 mois car nous n’avons pas vocation à soutenir indéfiniment nos bénéficiaires. Nous sommes là pour les aider à se réinsérer. Bien sûr, ces 6 mois seront renouvelables si c’est nécessaire. L’une de nos bénéficiaires, par exemple, a eu beaucoup de mal à se remettre d’un accident cérébral. Nous la soutiendrons jusqu’à ce qu’elle puisse travailler à nouveau. Elle reviendra alors… comme bénévole nous a-t-elle dit ! »
« Un public plus jeune… »
C’est le constat fait par le délégué : « Nos bénéficiaires sont plus jeunes que ce à quoi je m’attendais, 40 à 50 ans en moyenne, et ce sont surtout des femmes, dont beaucoup victimes d’accidents de la vie (professionnels, médicaux…). » L’équipe de bénévoles présente accueille jusqu’à 6 personnes par après-midi. Tous ont été d’abord formés par le Siège sur la sécurité alimentaire et sont très impliqués. Sont proposés : des produits frais, secs et non-alimentaires (hygiène corporelle et produits ménagers), ainsi que, parfois, des articles de puériculture. Ces stocks sont fournis par la Banque Alimentaire, le réseau ANDES[1], l’Agence du don en nature et des achats financés par la délégation grâce à des subventions (Mairie, Département, mécénat).
« Ce modèle économique et social innovant est pour l’association un moyen de lutter contre l’insécurité alimentaire tout en renforçant le lien social et la solidarité au sein de la communauté locale », conclut Chloé Ferreira, coordinatrice territoriale de la région PACA pour l’Ordre de Malte France.
[1] Premier réseau national d’épiceries solidaires et sociales.
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