Une conférence-débat a eu lieu le 28 mai dernier au Siège, à l’initiative de la Direction des Actions de Secours et de Soutien aux Populations de l’Ordre de Malte France. Thème : « Le bénévole face à la souffrance psychologique ». Une problématique originale et dense !
« L’objectif, détaille le Dr Olivier Stibbe, médecin référent national secourisme, c’était d’abord d’expliciter les aspects psychologiques lors d’évènements où interviennent des secouristes. Que leur demandera-t-on quand ils seront désignés pour armer un CAI (centre d’accueil des impliqués), en présence ou non de la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) du SAMU ? Ou encore, tout au ssi important, comment reconnaître, aider, prendre en charge un secouriste atteint lui-même d’un traumatisme psychologique sur intervention ? » Les intervenants étaient Mathieu Petitclerc, psychologue à la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris, et Gaëlle Abgrall, psychiatre référent zone Ile-de-France, UF CUMP Psychotraumatologie-Urgences Psychiatriques Pré-Hospitalières du SAMU de Paris.
Olivier Stibbe se félicite du bilan : « De l’avis de tous, cette conférence a été un vrai succès ! Le bilan est très positif, en raison de la qualité pédagogique des deux intervenants, de la centaine d’auditeurs (40 présents et 60 à distance), et de la richesse des questions/réponses posées par la salle et par chat. Nous souhaitons désormais organiser deux conférences de ce type par an, et nous réfléchissons actuellement au thème de la prochaine. »
En 1995, après l’attentat du RER Saint-Michel. Il y a eu alors une prise de conscience politique : jusque-là, on soignait très bien les blessés physiques mais il y avait tout un champ de blessés psychiques et d’impliqués à qui des soins n’étaient pas proposés. Jacques Chirac a donc demandé à son ministre de la Santé, Xavier Emmanuelli, de créer un dispositif psychologique répondant à ce besoin. La première CUMP a été créée à Paris, puis dans les 7 grandes villes françaises. Aujourd’hui, il y en a une dans chaque département, rattachée au SAMU.
On propose un accompagnement à tous ceux qui sont impactés lors d’un événement. Il suffit de nous solliciter via le 15 et un entretien peut avoir lieu directement par téléphone. Si la personne le souhaite, nous pouvons aussi organiser avec son responsable une rencontre avec l’ensemble de l’équipe qui a vécu la situation traumatisante.
Il faut se former et se sensibiliser à la psycho-traumatologie. Il est important de bien se connaître soi-même, ses éventuelles fragilités, et de ne pas hésiter à s’adresser à un professionnel de santé.
Elles sont de 4 types : les activités de sensibilisation et de formation – les entretiens cliniques avec les pompiers – la prise en compte des interventions sensibles – la recherche et le conseil du commandement.
Elle est aujourd’hui davantage mise sur le devant de la scène. Nous en faisons tous l’expérience à un moment donné de notre vie, à des degrés divers (deuil, échec scolaire…). L’enjeu, c’est de la déstigmatiser et d’accompagner les personnes souffrantes sur la capacité à s’ajuster, à faire face, à faire corps en équipe mais aussi sur l’attachement au service public, au dépassement de soi, etc.
Oui, bien sûr. C’est le cas à la BSPP, pour laquelle l’enjeu est de garder le même niveau d’efficience et de réponse opérationnelle que d’habitude, dans un contexte de grand nombre de participants à l’événement. Nous nous y préparons et nos psychologues aussi !
Voir le replay de la conférence : https://www.youtube.com/watch?v=WtfnPDOY8Ps
Comment agir avec nous ?