Lancée en mai sur le territoire de la Communauté de Communes de Guebwiller, qui compte 19 communes, l’épicerie sociale itinérante de la délégation du Haut-Rhin prend peu à peu ses marques, dans ces zones rurales qui subissent de plein fouet l’inflation et la crise alimentaire.
« Les Restos du Cœur, avec lesquels nous avons monté un partenariat dont l’objectif est de se partager progressivement l’ensemble des zones rurales du département, ont fait le choix de mettre en place des épiceries sociales fixes dans les centres de certains villages mais nous, nous souhaitons aller vers ceux qui ne peuvent s’y rendre, qui se « cachent » et/ou n’ont pas envie de montrer leur misère, ou encore ne peuvent pas se déplacer à cause de l’âge, d’un handicap, de manque de moyen de locomotion, etc. », explique le délégué Serge Gaussin. Le projet a bénéficié d’une subvention de 90 000 euros de la Préfecture du Rhin dans le cadre de France Relance, pour l’acquisition et l’aménagement spécifique d’un véhicule, ainsi que pour couvrir les frais de la première année de fonctionnement.
Serge Gaussin détaille : «Gilles Luque, mon adjoint pour le secteur Sud68 qui pilote ce nouveau projet, travaille en collaboration avec les différents services sociaux départementaux (assistantes sociales) et communaux (CCAS…), le réseau associatif local et les paroisses, pour identifier les personnes dans le besoin ». Le camion qui a bénéficié d’un aménagement intérieur spécifiquement adapté s’élance sur les routes pour l’instant une fois par semaine. A son bord : des produits secs mais aussi surgelés, de la viande, des légumes… donnés par des partenaires maraîchers du territoire et la Banque Alimentaire. Chaque tournée est assurée par une équipe de trois bénévoles maximum, complétée par une autre équipe qui a au préalable assuré la préparation logistique, la récupération et la répartition des produits, même si chaque panier distribué est ensuite adapté à la composition de la famille. Pour l’instant, une douzaine d’adresses est visitée, soit 20 à 25 personnes chaque fois.
Comme toujours, le but est aussi, par un dialogue bienveillant, d’aider les personnes isolées à retisser des liens sociaux et d’être à l’écoute des besoins spécifiques de chacun (emploi et formation, fracture numérique, problématiques énergétiques, etc). « Notre rôle sur ces sujets est celui d’un intermédiaire vigilant faisant remonter les informations aux réseaux de professionnels en établissant le lien ».
Serge Gaussin s’inquiète du contexte économique. « Les problèmes sont devant nous. Nos partenaires nous alertent un peu partout sur une probable diminution des quantités de denrées qu’ils pourront mettre à disposition des associations dans un proche avenir. Les dons s’érodent alors que l’on constate une explosion des besoins due à la paupérisation galopante. Nous serons donc contraints progressivement d’acheter une partie des produits alimentaires… » D’autant plus que Serge et Gilles ne comptent pas s’arrêter là : ils souhaitent faire tourner l’épicerie du lundi au jeudi, sur d’autres communautés de communes !
Comment agir avec nous ?