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Crédit photo : Maud Fée

Aides-soignants, éducateurs spécialisés, aides médico-psychologiques… chaque  professionnel de santé est essentiel au quotidien des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme. Une évidence, sur le papier, qui, sur le terrain, force l’admiration. À l’écoute des besoins des uns et des autres, Karine, Alysson, Mireia, Laurie, Nadège… et tant d’autres contribuent à installer et à entretenir, au quotidien, un climat de confiance auprès des résidents et de leurs familles. Nous leur tendons le micro.

« Depuis mon plus jeune âge, j’ai voulu travailler auprès de personnes en situation de handicap », confie Karine, aide-soignante à la Maison Saint-Fulbert à Lèves (28) depuis 5 ans maintenant. À la question « Pourquoi avez-vous choisi de travailler dans le secteur médico-social ? », les réponses tombent, sans hésitation.

« Ce qui me plaît, c’est le contact. C’est vraiment très enrichissant », dit Alysson, aide médico-psychologique à la Maison Saint-Fulbert. Sa collègue, Mireia, quant à elle, est éducatrice spécialisée. Elle travaille à la Maison Saint-Fulbert depuis 3 ans et a rejoint, depuis quelques mois, l’unité du Pavillon Jaune, appelé ainsi en raison de la couleur de la porte d’entrée de ce petit bâtiment, situé au cœur l’établissement. « C’était une évidence ce métier », explique t-elle.

Parce qu’ils occupent une place centrale dans le quotidien des personnes accompagnées au sein des établissements médico-sociaux, les soignants et les accompagnants éducatifs qui travaillent pour l’Ordre de Malte France sont aux petits soins du matin au soir, auprès des personnes fragiles, et, en l’occurrence, auprès de personnes atteintes d’autisme. Leur mission : être à l’écoute des particularités de chaque personne accompagnée, en permanence.

Adapter les gestes pour rassurer

Le quotidien des soignants et des accompagnants éducatifs au sein des établissements médico-sociaux et sanitaires varie d’un jour à l’autre, malgré un cadre réglé comme du papier à musique, sur lequel chaque intervenant a sa photo pour bien être identifié par les résidents. Les photos des intervenants présents sont placées sur certaines cases et celles des absents sur d’autres, afin que les résidents s’y retrouvent d’un jour à l’autre. « Tout dépend de leur état émotionnel, affirme Karine. En fonction de cela, on propose plein de petites choses. »

En charge de nombreux aspects du quotidien des résidents (toilette, encadrement des activités, animations d’ateliers divers…), pour les équipes médico-éducatives, « aucun jour ne se ressemble », confie Karine. Quel que soit le moment de la journée ou l’activité en cours, les accompagnants éducatifs et les soignants sont « dans la vigilance de tous les instants », insiste Mireia. Rien n’est négligé, pour assurer leur bien-être et leur sécurité.

Au moment de notre reportage, l’équipe présente au Pavillon Jaune anime un atelier cuisine pour préparer un gâteau à partager pour le goûter des résidents de cette unité de vie. Pendant toute la durée de l’atelier, c’est toute une série de petits incidents qui peut potentiellement se produire si l’attention baisse. « On surveille l’alimentation, le chaud, le fragile, souligne Mireia. Ici, les placards, les poubelles doivent rester fermés à clé, sinon, les résidents peuvent ingérer de la nourriture [afin que cela n’échappe pas aux accompagnants] … ».

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Crédit photo : Maud Fée

Tout en douceur, les équipes appliquent les gestes qui rassurent, qui apaisent... Face aux comportements des résidents, réactions, timbres de voix, mots employés… sont ajustés en fonction du message à transmettre. « C’est quelque chose que l’on fait naturellement », souligne Karine.

Le pire ennemi des accompagnants : l’improvisation, à éviter au maximum. Le suivi des habitudes de chacun, la bonne connaissance des rituels auxquels chaque résident se raccroche et l’anticipation sont fondamentales. « Quand il y a, malgré cela, un imprévu, soit ça se passe bien, soit les troubles du comportement arrivent, souligne Mireia. On essaie alors de verbaliser, avec des phrases courtes ».

Le lien humain, au cœur du travail…

Comme pour toute relation, la confiance s’installe dans le temps, d’autant plus lorsqu’il s’agit de personnes atteintes d’autisme, à l’égard des personnes qui les accompagnent. « Au fil du temps, des liens se nouent entre les équipes et les résidents », explique Nadège, la coordinatrice de la Maison Bleue, située au sein du Foyer Jeanne d’Arc à Vigneux-sur-Seine. Ces liens doivent être préservés, car le bien-être des résidents repose en grande partie sur ces liens. Il est donc crucial de maintenir des équipes soudées. « Si les équipes changent trop souvent, cela peut engendrer des troubles du comportement », dit-elle.

Après 5 années passées à la Maison Saint-Fulbert, Karine constate qu’aujourd’hui, les résidents lui accordent facilement leur confiance. « Avec le temps, on arrive à connaître les résidents, à trouver des astuces dans les moments difficiles pour les faire avancer », poursuit-elle. « Les résidents ont tous leurs particularités. Et nous avons tous une relation spécifique avec eux ».

… pour favoriser l’autonomie

L’objectif omniprésent dans les esprits : faire en sorte que les résidents puissent évoluer avec toujours plus autonomie, chacun dans la mesure de ses capacités. « À partir de là, on construit leur projet personnalisé, expose Alysson. Il compte en général 3 objectifs, sur une année, voire plusieurs : apprendre à communiquer avec des images, être plus actif dans l’entretien de sa chambre, des espaces communs et participer à différentes tâches… ». Pour atteindre ces objectifs, les équipes doivent coûte que coûte garder une cohérence dans leurs interventions.

Chaque année, le projet personnalisé de chaque résident est réétudié. Les équipes dressent un bilan de ce qui a été fait, de la manière dont la personne accompagnée a évolué, etc. En fonction de ces observations, le travail d’apprentissage est réajusté. Chaque personnel de santé apporte sa pierre à l’édifice et contribue ainsi à la vie de tous les jours des résidents, faisant ainsi partie intégrante de leur vie, en parallèle des familles.

« C’est un métier que l’on fait avec le cœur, conclut Nadège, (…) nous travaillons dans les établissements, en lien avec les familles, afin de garder les repères, les rituels importants et rassurants pour chaque personne ».

 

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