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Le Foyer de vie Jeanne d’Arc à Vigneux-sur-Seine (91) existe depuis 1992. Géré depuis le début par l’Ordre de Malte France, son directeur, Nelson Moreira, travaillait auparavant dans le secteur de la protection de l’enfance. Il est d’abord arrivé en tant que chef de service et il est à la tête de l’établissement médico-social depuis 3 ans maintenant. Interview.

Qui sont les personnes accueillies ici ?

Les résidents du Foyer Jeanne d’Arc sont soit des personnes qui ont été officiellement diagnostiquées comme personnes atteintes d’autisme, soit des personnes déficientes mentalement (qui n’ont pas bénéficié d’un diagnostic). La moyenne d’âge est d’environ 40 ans. Certains résidents sont là depuis les débuts de l’établissement. Ce sont avant tout des personnes, avec leurs fragilités. La réalité, c’est que ce sont des enfants dans des corps d’adultes.

De quelle forme d’accompagnement bénéficient-elles ?

L’accompagnement des personnes atteintes d’autisme est difficile. Elles ont besoin de repères, d’équipes stables. Et il faut régulièrement soutenir les professionnels, les former. C’est un travail de longue haleine. Au fil du temps, les résidents se sont apaisés avec la stabilisation des équipes. Il faut une cohérence, une cohésion pour mettre en œuvre un projet d’accompagnement individualisé, réactualisé tous les ans. Celui-ci doit être de qualité et doit correspondre aux besoins, aux particularités des uns et des autres. Il faut adapter les activités en fonction des personnes, de leurs ressentis, etc. Car, dans l’autisme, les situations sont multiples et il y a autant d’individus que de symptômes.

Quels sont les enjeux majeurs auxquels vous êtes confronté en tant que directeur d’un établissement spécialisé dans l’autisme ?

Mon souci numéro 1 consiste à stabiliser les équipes de soignants, pour éviter les changements à répétition. Il s’agit de fixer les personnes sur les unités, tout cela dans le souci du bien-être des résidents. Plus les équipes sont stables, plus cela favorise un bon accompagnement des personnes, sur le long terme.

Ensuite, l’autre grande préoccupation, c’est le suivi des adultes handicapés vieillissants. Les familles vieillissent aussi et s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants et de leurs places dans l’établissement. C’est une grande question qui nécessitera d’adapter l’établissement et les accompagnements pour pouvoir répondre à ce défi.

Par ailleurs, on a un travail de fond à fournir pour désenclaver nos institutions, à la hauteur des moyens de nos résidents. Il faut plus ouvrir encore le Foyer Jeanne d’Arc sur l’extérieur et permettre aux résidents de bénéficier, comme n’importe quel citoyen, de ce que la cité peut leur offrir (infrastructures avoisinantes, partenariats locaux…). Nos résidents sont friands de cette ouverture sur l’extérieur, ils sont curieux, ont soif de relations et de découvrir le monde qui les entoure. Lors de ma prise de fonction, je l’ai ressenti très fortement, car les troubles du comportement disparaissaient radicalement lors des activités extérieures. 

Le Foyer Jeanne d’Arc en quelques chiffres :

42 résidents en internat
6 résidents en accueil de jour
53 salariés
3 unités d’hébergement : Maison Bleue, Soleil d’Or, Sainte-Fleur
1 espace dédié à l’accueil de jour.
1 salle de musique
1 salle Snoezelen (espace dédié au travail autour des sens, pour favoriser la détente, le bien-être des bénéficiaires)
1 salle de balnéothérapie

 

Comment se passent les relations avec les familles des résidents ?

Les relations entre l’établissement et les familles sont bonnes, malgré certains points délicats parfois. Une grande majorité de résidents rentrent en famille un week-end sur 2. Parfois, certains résidents n’ont pas de familles, et ce n’est pas toujours facile de combler cette absence. Il arrive que les frères et sœurs prennent un peu de distance. Mais ici, en grande partie, les familles sont impliquées.

Quels sont les projets dans lesquels vous souhaitez inscrire les résidents ?

Il y a différents types de projets qui nous animent ici. Mais avec la crise sanitaire, de nombreuses choses sont à l’arrêt. Le point positif, c’est que malgré le ralentissement des activités, les résidents sont apaisés.

Sur les plans purement éducatif ou ludique, nous avons aussi travaillé avec le Futur Composé, une association d’artistes reconnus. Ils montent des spectacles avec les résidents du Foyer et des résidents d’autres établissements. Pour chaque spectacle au Théâtre des Variétés, il y a deux ans de travail en amont. C’est très valorisant et très fédérateur à la fois. On fait un planning avec des objets, des pictogrammes… On les accompagne pour qu’ils se sentent le mieux possible dans ce projet. On espère que cela pourra bientôt recommencer !

Un autre projet qui nous tient à cœur, c’est celui qui nous associe à l’artiste Dumé. Son projet consiste à briser les frontières entre les personnes valides, neurotypiques, et les personnes « différentes ». Notre projet va consister à faire une fresque avec des résidents et des jeunes du quartier, sur un mur de l’un des bâtiments de la ville.

Un message à faire passer à nos lecteurs ?

Les personnes en situation de handicap font partie de notre société. On ne veut pas les voir, mais elles sont là. Notre rôle consiste à contribuer à faire changer le regard sur les personnes atteintes d’autisme. C’est une richesse de travailler ici.

 

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