Dépasser son handicap, cela passe aussi par le sport ! Les bienfaits d’une activité physique sont inestimables et contribuent à la qualité de vie des personnes handicapées, développant leurs qualités physiologiques, motrices et cognitives. Coralie Eymard, professeure d’activité physique adaptée à Saint-Jacques de Roquetaillade, témoigne de l'impact d'une activité sportive pour les personnes en situation de handicap.

En quoi consiste votre travail ?

Je suis professeure d’activité physique adaptée depuis 10 ans au Centre Pédiatrique Saint-Jacques de Médecine Physique et de Réadaptation (CPMPR) et à la Maison d’Accueil Spécialisée Saint-Jacques de Roquetaillade. J’accompagne des enfants et des adultes souffrant de nombreuses pathologies très diverses, allant du déficit de fonctions motrices jusqu’au cancer, en passant par le polyhandicap. Une grande partie des enfants sont suivis pour de la rééducation post-traumatisme ou chirurgie osseuse. 

Mon travail consiste à proposer différentes activités physiques aux résidents en fonction de leur handicap, de leurs capacités et de leur projet thérapeutique. Les activités sont toutes soumises à avis médical. En ce qui me concerne, je peux proposer une multitude de sports : boccia (pétanque adaptée), sarbacane, tir à l'arc ou à la carabine, danse, yoga, aquagym, natation, équithérapie, golf, tricycle, handibike, foot fauteuil, tennis de table, boxe, etc. Je propose également du travail de renforcement musculaire et de coordination, avec l’aide de matériel sportif. Je dois adapter chaque activité en fonction de la personne que j’ai en face.

L’activité sportive est-elle adaptée pour quelqu’un qui souffre justement d’une mobilité réduite ?

Le sport n’est pas forcément l'activité la plus adaptée pour soigner un handicap physique, mais sa pratique est essentielle. Elle est source de bien être physique mental et social. Les personnes que j'accompagne attendent l’entraînement avec impatience et viennent le sourire aux lèvres. Le sport est complémentaire de la rééducation. Par exemple, si un enfant victime d’un accident arrive à Roquetaillade, il est peut être défaitiste et se dire qu’il n'y arrivera pas. Alors qu'en fait, il se débrouille très bien. Grâce aux activités sportives, il ressortira du centre dans le même état d’esprit qu’avant l’accident ou du moins avec des séquelles moindres par rapport au traumatisme subi. Cela donne de l’espoir !

seance boccia roquetaillade

Séance de boccia à la Maison d'Accueil Spécialisée de Roquetaillade

Quels sont les bienfaits du sport sur le handicap ?

La pratique d’une activité sportive a de nombreux bienfaits sur les personnes que j’accompagne. Chaque discipline a des spécificités qui permettent de travailler un aspect du handicap à la fois.

D’un point de vue physique, le sport apporte énormément au niveau musculaire. Certains sports, comme la natation, améliorent la rééducation et le renforcement des muscles. Cela se ressent au niveau de la mobilité ou du bien-être physique des enfants et des résidents. D’autres disciplines ont un impact sur les capacités cognitives comme les sports de concentration (tir à l’arc, boccia, tir à la carabine, etc.). Le travail de concentration stimule beaucoup les sportifs qui souffrent d’un handicap d’origine neurologique.

D’un point de vue social, le sport améliore l'estime de soi, permettant d’affronter le regard des autres et de se dépasser. Le rapport au corps change lorsque l’on est vu différemment et valorisé par le groupe.

Enfin, d'un point de vue psychique, des disciplines comme la boxe, la danse ou l’expression corporelle me permettent de travailler sur le bien-être mental des sportifs. L’activité canalise leurs angoisses ou leurs frustrations. C’est une manière pour eux de s'exprimer autre que par la parole et donc une grande source de tranquillité d’esprit.

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Le sport permet-il l’inclusion sociale des enfants et des résidents ?

Nous accueillons principalement à Roquetaillade des enfants en besoin de réinsertion. De plus, nous ouvrons l'établissement sur l'extérieur en accueillant des collégiens, des lycéens et des centres aérés, qui se confrontent à nos jeunes résidents lors d’activités handisport. Parcours les yeux bandés pour simuler la cécité, en fauteuil électriques ou manuels...

Les enfants de Roquetaillade, plus entraînés, sont meilleurs que leurs concurrents et se sentent valorisés. Quant au public extérieur, il change de regard sur le handicap !

Est-ce qu’un handicap en est un lorsque les autres sportifs sont aussi en situation de handicap ?

Non, effectivement, le handicap n’en est plus un lorsque les autres sportifs souffrent des mêmes pathologies. Il n'y a pas que le handicap mais les potentialités de l'enfant que nous voyons. Depuis 10 ans maintenant, je travaille avec les enfants et les résidents de Roquetaillade. Aujourd'hui, je ne vois même plus leur handicap. Et eux se sentent comme tout le monde, notamment quand ils font du sport.

En compétition, ils se mesurent à des personnes qui ont le même handicap qu’eux. Cela ne fait aucune différence qu’ils soient en fauteuil puisque les autres le sont aussi. Finalement, ce n’est qu’une règle du jeu supplémentaire !

Qu’est-ce qui est le plus enrichissant dans votre métier ?

Mes journées sont différentes et pourtant toutes plus enrichissantes les unes que les autres. Les enfants me donnent beaucoup d’amour et sont très reconnaissants. Je ne vois pas ce qu’il y a de mieux qu’un sourire d’enfant pour avoir envie d’aller au travail !

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