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Santé

Le sujet du handicap mérite de mettre au-devant de la scène, aussi bien les personnes souffrantes que celles qui les aident.
À l’occasion de cette 24e Semaine Nationale des Personnes Handicapées Physiques, focus sur le métier d’ergothérapeute, crucial dans la prise en charge quotidienne des adultes accueillis dans nos établissements médicaux-sociaux.
Nous avons rencontré Daniel HUCHON qui exerce cette fonction au sein de notre Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) Saint-Jean de Jérusalem à Rochefort (17) et Brigitte TAVERNE, chef de service paramédical dans le même établissement.

En quoi consiste votre métier ?

Daniel - « En MAS, il est prioritaire que la personne en situation de handicap se sente confortable dans son installation et dans son corps pour pouvoir accéder à son environnement.
L’ergothérapeute a pour mission de lui permettre la plus grande autonomie possible dans sa vie quotidienne, que ce soit dans le cadre de ses déplacements ou de sa communication, en intérieur ou à l’extérieur… Le but est qu’elle puisse accéder à son environnement et interagir avec lui ! »

Brigitte - « En lien avec le Projets Individuel de chaque résident et les indications fournies par les médecins, les actions de l’ergothérapeute se réalisent autour d’une communication adaptée (tableau de pictogramme, synthèse de voix, atelier radio…) les déplacements (apprentissage du fauteuil…), la réflexion autour des adaptations, le confort, l'installation : tout ce qui vise la bonne intégration de la personne au sein de son environnement.
Il intervient à la demande des équipes de soins ou bien des responsables de service, afin que ces dernières effectuent les bons gestes et utilisent le matériel adapté, pour la sécurité des résidents comme pour la leur. »

Travaillez-vous seul ?

Daniel - « Je suis l’unique ergothérapeute de la Maison Saint-Jean de Jérusalem depuis 14 ans ! En revanche, je travaille en lien permanent avec les équipes éducatives, mes collègues infirmiers, le kinésithérapeute, les agents techniques et bien sûr avec Brigitte, chef de service paramédical, pour tout ce qui concerne les achats et adaptations dans l’établissement. »

Quelques exemples concrets d’accompagnement ?

Daniel - « Je m’efforce d’accompagner les personnes au quotidien, notamment par des aides techniques : en élaborant du matériel orthopédique et en adaptant les fauteuils roulants aux activités telles que foot ou le paddle, je leur permets d’être acteurs de leur activité. »

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Adaptation du matériel de loisirs dans le cadre de l’activité paddle © Ordre de Malte France

« NOUS NE SOMMES PAS QUE DES TECHNICIENS : LA DIMENSION HUMAINE EST PRIMORDIALE POUR NOUS ET L’OBJECTIF EST D’ABOUTIR A LA RECONNAISSANCE DE LA PERSONNE, AU-DELÀ DE SON HANDICAP. »

Daniel HUCHON, ergothérapeute à la MAS Saint-Jean de Jérusalem

Lors de la construction du projet de soins de l’établissement, Daniel a enrichi les outils d’évaluation tels que la Fiche identification des Signes sur le Vieillissement, dans le but de définir avec l’équipe pluridisciplinaire des indications (rythme de vie, soins, sports…) adaptées à tous les âges. Ainsi, chaque résident bénéficie d’un projet qui correspond à ses besoins et ses capacités.

Brigitte - « L’ergothérapeute suscite, stimule la participation citoyenne et l'inscription dans la vie de la cité. »

Associez-vous les familles à votre travail ?

Daniel - « Bien entendu, et notamment pour tout ce qui concerne le choix du matériel. Il m’arrive même de me rendre à leur domicile pour les aider à préparer l’environnement d’accueil pour les séjours de leur adulte handicapé. »

Quels sont les projets en cours ?

Daniel - « Nous travaillons autour de la déglutition, qui est souvent un problème pour nos résidents. Pour cela, nous avons besoin de plats ayant des textures spécifiques : mixés… etc. Nous travaillons également beaucoup la communication, par exemple pour adapter les documents légaux comme la charte des droits et libertés. Ainsi, la majorité des résidents les comprennent et peuvent se les approprier. Au-delà de ces documents institutionnels, nous avons également développé de nombreux supports visuels sur les murs de la maison que nous faisons vivre au quotidien : planning d’activités, informations sur les événements de la cité et sur les événements internes, temporalité, vie de la maison…
En résumé, nous essayons d’apporter les réponses qui conviennent aux capacités de chaque personne. Nous ne sommes pas que des techniciens : la dimension humaine est primordiale pour nous et l’objectif est d’aboutir à la reconnaissance de la personne au-delà de son handicap. »

Brigitte - « Nous étudions actuellement, en lien avec un prestataire extérieur, le « manger main ». Certains résidents ayant des difficultés à s’alimenter peuvent en effet retrouver une indépendance et du plaisir en mangeant avec les doigts des aliments adaptés. Ceci est particulièrement important pour lutter contre la dénutrition. C’est là que la technicité de notre prestataire vient compléter la compétence de Daniel, pour réaliser les bonnes textures ! »

SEMAINE NATIONALE DES PERSONNES HANDICAPÉES PHYSIQUES : DÉCOUVREZ LA CAMPAGNE !

 

COMMENT DEVIENT-ON ERGOTHÉRAPEUTE ?

  • Études : Des écoles spécialisées délivrent le diplôme d’État d’ergothérapeute en un cursus de 3 ans. Elles sont accessibles sur concours ouverts aux titulaires du baccalauréat (série S recommandée). Il est possible de préparer le concours en intégrant une prépa en amont.
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