La fistule obstétricale est une des complications les plus graves et dangereuses d'un accouchement et reste l'une des principales causes de mortalité maternelle. Parce qu'elle provoque l'incontinence, cette maladie est discriminante et entraîne un isolement social pour les femmes concernées. Chaque année, les équipes de l'Ordre de Malte France soignent une cinquantaine de femmes atteintes de fistules obstétricales à Madagascar.

Que sont les fistules obstétricales ?

La fistule obstétricale est une lésion grave et dangereuse susceptible de survenir lors d'un accouchement dystocique ou en cas d'absence de soins obstétricaux appropriés. Il s'agit d'une déchirure de la filière pelvi-génitale, c'est-à-dire l'ensemble des structures anatomiques que traverse le fœtus lors de l'accouchement.

 

Souffrance physique et stigmatisation sociale

Les femmes qui présentent une fistule obstétricale souffrent d'une incontinence permanente, urinaire et/ou fécale, qui provoque, en raison des conditions d'hygiène difficiles que rencontre la majorité de ces femmes, des infections cutanées graves. Des troubles rénaux peuvent aussi apparaître et conduire à des décès en l'absence de traitement. Au-delà des conséquences physiques, ces femmes sont victimes de stigmatisation et font l'objet d'une discrimination sociale. La fistule peut généralement être réparée grâce à une opération chirurgicale.

 

QUELQUES DONNÉES SUR LES FISTULES OBSTÉTRICALES

  • Plus de 2 millions de jeunes femmes vivant avec une fistule obstétricale non traitée en Asie et en Afrique subsaharienne.
  • De 50 000 à 100 000 nouveaux cas par an dans le monde.
  • Une intervention chirurgicale permet de guérir jusqu'à 90% des patientes présentant une fistule obstétricale.

Source : Organisation Mondiale de la Santé

Des « missions fistules » au sein du Pavillon Sainte Fleur de l'Ordre de Malte à Madagascar

Aujourd'hui, les fistules obstétricales touchent principalement les femmes et les filles qui vivent dans l'extrême pauvreté, en particulier celles qui habitent loin des services médicaux, et dont la grossesse n'est pas correctement suivie. C'est notamment le cas de Madagascar, avec ses 25,5 millions d'habitants dont 76,2% vivent avec moins de 1,90 dollar par jour (l'un des taux de pauvreté les plus élevés au monde). D'après le FNUAP (2017), à Madagascar, 50 000 femmes sont porteuses de fistule obstétricale et plus de 4 000 nouveaux cas apparaissent chaque année dans le pays.

 

Depuis 2016, l'Ordre de Malte, soutenu par le FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population) et le Ministère de la Santé, organise au sein du Pavillon Sainte Fleur, maternité qu'il gère au sein du CHU de la capitale malgache, des « missions fistules » avec l'appui de chirurgiens bénévoles français. Ce projet permet de traiter une cinquantaine de patientes par an (dont la majorité sont atteintes de fistules obstétricales complexes de type 3) et de former des gynécologues malgaches à cette pathologie complexe et invalidante pour qu'ils puissent gagner en autonomie. A l'issue des 4 dernières campagnes de traitement des fistules obstétricales, 3 médecins et 3 sages-femmes ont été formés.

 

Opération d’une fistule obstétricale – ©Ordre de Malte France

Opération d'une fistule obstétricale – ©Ordre de Malte France

 

Du 15 mai au 6 juin 2019, deux chirurgiens français sont en « mission fistules » pour assurer le pilotage médical de cette nouvelle campagne, la formation des chirurgiens du Pavillon Sainte Fleur ainsi que le traitement des cas les plus difficiles.

 

Témoignage d'une femme malgache atteinte de fistule obstétricale

N., âgée de 43 ans, vit dans le petit village de Tsonjarivo, à 3h de route de la Commune Urbaine de Tsiroanomandidy, situé à 220 km de la capitale malgache. Elle est cultivatrice et elle élève seule ses cinq enfants avec le peu qu'elle gagne.

« Mon mari m'a quittée à cause de ma maladie et je n'osais m'approcher de personne puisque je sentais tout le temps mauvais ! Je souffrais de fistule depuis 5 ans. Cette lésion est survenue lors de mon accouchement qui a été négligé et tardif, et pendant lequel j'ai perdu mon sixième enfant. La fistule a eu des conséquences néfastes dans ma vie. Grâce à l'opération, j'ai l'espoir de retrouver une vie normale. »

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