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Accompagnement des populations « autochtones » – © Romain Duda

L’Ordre de Malte France porte depuis 10 ans une attention particulière aux populations « autochtones » en Afrique centrale et a mis en place un projet d’accompagnement de ces populations.

Bien qu’elles soient inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, les populations « autochtones » sont particulièrement stigmatisées et sont sujettes à un ostracisme de la part des autres populations locales.

Soutenir et aider les populations « autochtones »

Le projet a débuté par le soutien des centres de santé de Belemboké, de Monasao, de Mabondo au sud de Berberati en République Centrafricaine. Transverse à quatre pays d’Afrique centrale, il a permis de soutenir les centres de MeKambo au Gabon, de Ndelele, de Mouloundou au Cameroun, d’Enyelle, d’Ouesso au Congo Brazaville.

Depuis 2010, une formation d'auxiliaires médicaux de centres de santé est réalisée en République Centrafricaine, grâce à un partenariat avec l’hôpital confessionnel de Bagandou. Cette formation leur permet d’acquérir une qualification d’infirmier secouriste.

En 2015, une « stratégie avancée » à la rencontre des populations nomades et semi-nomades a été déployée dans la province de la Likouala, dans le Nord de la république du Congo, avec le soutien des pères spiritains.

Le peuple Aka

Initié en 2017 et d'une durée de trois ans, le projet « Amélioration des conditions de vie des populations autochtones » vise à améliorer les conditions sanitaires de ces populations oubliées, notamment dans le cadre de la lutte contre la mortalité maternelle et infantile ainsi que le dépistage de la lèpre. Il a également pour objectif de contribuer à préserver l'identité de ce peuple et de promouvoir sa reconnaissance.

« Ces populations et particulièrement les enfants sont extrêmement vulnérables face à la lèpre et se retrouvent stigmatisés. Ces derniers cumulent bien souvent plusieurs pathologies associées qui s'ajoutent à leurs difficultés. Le retard de diagnostic et l'observance aléatoire des traitements médicaux conduisent à des mutilations sévères et des handicaps physiques graves, responsables d'une perte de leur autonomie et lourde de conséquences. Dans cette région, la survie est un véritable défi ! » 

Professeur Francis Chaise, directeur du programme lèpre Ordre de Malte France

Ce projet d'envergure comporte trois volets principaux :

Afin de mieux adapter ce projet à la réalité sociale de ce peuple de chasseurs-cueilleurs-agriculteurs, l'Ordre de Malte France a fait appel à l'expertise d'ethnologues et d'anthropologues des populations autochtones d'Afrique centrale. Cofinancé par l'Agence Francaise de Développement (AFD) et le Global Fund For Forgotten People de l'Ordre de Malte, le projet dispose du soutien des autorités congolaises.

Entretien avec Romain Duda, spécialiste des populations « autochtones » d'Afrique Centrale