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D’une superficie de 274 000 km², le Burkina Faso comptait environ 19 millions d’habitants en 2015. L’activité de l’Ordre de Malte France au Burkina Faso est très diverse. Elle s’appuie sur un dispensaire et un centre de formation au secourisme, ce dernier étant la base de développement d’un réseau national de secouristes-ambulancier. Par ailleurs l’Ordre de Malte France y mène également un programme optique.

Le dispensaire Saint Jean de Malte de Ouagadougou

A l’origine, le dispensaire relevait du Samu Social International, présent au Burkina. En 2002, à la demande de son Président, le Docteur Xavier Emmanuelli, la gestion a été confiée par la ville de Ouagadougou à l’Ordre de Malte France. Jusqu’en 2004, le nombre de consultation ne dépassait pas 6000 par an, mettant en péril la pérennité de cette structure. En 2009, le nombre de consultation est passé à 8400 et, à la demande de la Mairie, la décision a été prise d’ouvrir ce dispensaire 24 heures/24, 7jours/7.

Une extension réalisée en 2012 a permis de mettre en place un cabinet de consultation d’ophtalmologie et un atelier de fabrication de lunettes au sein du dispensaire. Le nombre de patients venant en consultation n’a pas cessé d’augmenter depuis, passant de 19 000 à 30 000 sur les trois dernières années. En 2015, une deuxième extension a été réalisée permettant ainsi l’ouverture d’un cabinet dentaire. Un laboratoire sera opérationnel en 2016.

Aujourd’hui, 17 personnes travaillent au dispensaire, dont un médecin et un dentiste vacataires.

Les centres de santé aidés

L’Ordre de Malte France soutient 13 centres de santé répartis à travers le pays. Ces dispensaires reçoivent annuellement et gratuitement des médicaments et des dispositifs médicaux (compresses, fils de suture, aiguilles, seringues…). Ces centres sont majoritairement tenus par des religieuses de différentes congrégations. Le personnel soignant de ces centres s’engagent à respecter la Charte de Qualité mise en place par l’Ordre de Malte France. Cette charte précise notamment les conditions d’envoi de ces médicaments ainsi que les conditions de la gestion des centres en terme à la fois d’activités médicales, d’hygiène et de tenue de la pharmacie.

Tous les deux ans, une mission menée par un médecin de l’Ordre de Malte France vérifie sur place si ces engagements sont respectés. En cas de non-respect il peut être décidé de suspendre voire d’arrêter les envois de médicaments.

Le programme optique

En 2005, l’Ordre de Malte France s’est intéressé à l’amélioration de la vision de la population au Burkina Faso à la suite d’une demande de l’Ambassadeur de France. Après avoir étudié ce sujet avec le Professeur Meda, ophtalmologue à l’hôpital central de Ouagadougou, des consultations gratuites d’ophtalmologie ont été initiées dans le dispensaire Saint Jean de Malte.

En 2008, un centre de lunetterie a été ouvert à Bobo Dioulasso et la distribution de lunettes collectées en France a été mise en place.

En 2010 une formation à la détection des défauts de vision au profit de 11 personnes venant du Mali, de Côte d’Ivoire et du Burkina a été organisée, associée à un don du matériel nécessaire (les boites de verres).   Cette formation a permis de délivrer un certificat (ou dans le cas d’ophtalmologiste une ordonnance) pour le montage de la paire de lunettes respectant les différences de dioptries adaptée pour chaque patient.

La création d’un centre de lunetterie en 2012 au sein du dispensaire Saint Jean de Malte, a été financé par la Fondation Occitane et le matériel a été fourni par l’Association Ophtalmo Sans Frontière.

En 2013, toujours financée par la Fondation Occitane, une stratégie avancée a été mise en place sur le secteur de Bobo Dioulasso. Elle consistait à se déplacer dans les villages avec le lunettier de l’Ordre de Malte France et un ophtalmologue local.    

Le partenariat avec la Fondation Occitane, se poursuit, en 2015 et 2016, en étroite liaison avec le Ministère de la Santé, par un projet visant à assurer un dépistage des troubles de vision parmi la population des zones non-loties de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso. Ceci est réalisé par le biais de consultations ponctuelles menées dans les centres de santé publics. Les patients présentant une cataracte pouvant être opérés bénéficieront d’une prise en charge médicale complète. Ce projet devrait permettre d’atteindre 1800 à 2000 personnes et d’opérer 100 patients de la cataracte.

Par ailleurs, 58 cartons de 180 paires de lunettes adultes, enfants et soleil mais également des montures seules et des verres à tailler ont été envoyés au dispensaire Saint Jean de Malte en 2015.L’atelier de lunetterie du dispensaire de Ouagadougou fabrique des lunettes à partir de ces envois. Les lunettes sont délivrées sur présentation d’une ordonnance.

Ambulanciers et transport sanitaire

Dès 2005, l’absence d’ambulances pour transporter les malades vers les hôpitaux en cas d’urgence a été constatée, les seuls véhicules disponibles étant ceux des pompiers, en nombre insuffisant et mal-équipés. Pour pallier cette situation, un corps d’ambulanciers propre à l’Ordre de Malte a été créé à partir des secouristes formés.

En 2007, une première ambulance équipée a été mise en place à Bobo Dioulasso permettant le transport de 442 patients. Devant l’importance de la demande en provenance de plusieurs villes, d’autres véhicules ont été achetés au cours des années suivantes, permettant l’ouverture de plusieurs centres ambulanciers situés à travers le pays, en privilégiant les zones non couvertes par les pompiers burkinabés.

En 2013 et 2014, devant la présence de nombreux réfugiés maliens fuyant leur pays et à la demande des autorités burkinabés, trois ambulances ont été mise à disposition des camps de réfugiés à Dori, Gorom Gorom et Djibo.

Fin 2015, le réseau fonctionne dans cinq centres (Djibo, Bobo Dioulasso, Fada N’Gourma, Banfora et Ouagadougou). Chaque centre comporte une équipe composée d’une ambulance avec un ambulancier et un secouriste. Le centre de Bobo Dioulasso, le plus important, possède 4 ambulances et coordonne les autres centres.

La mission confiée à ces centres consiste à transporter les malades, accidentés et parturientes vers les hôpitaux régionaux. Chaque centre est relié par téléphone aux centres de pompiers, hôpitaux et dispensaires locaux. Ce service est ouvert jour et nuit afin de répondre aux appels d’urgences émanant de ces structures.

Très récemment, suite aux attentats de janvier 2016, l’ambulance positionnée à Ouagadougou a effectué vingt évacuations de blessés de l’Hôtel Splendid vers les hôpitaux.

En 2015, les ambulances de l’Ordre de Malte France ont effectué 5 250 évacuations dont 35 % de femmes parturientes.

Formation au secourisme et postes de secours

Fort de l’expérience acquise par l’Ordre de Malte en France dans le domaine du secourisme et des ambulanciers, le Burkina Faso a été le premier pays africain à bénéficier de cette connaissance. La première initiative date de 1998.

Après une première formation initiale délivrée par nos moniteurs français, une première équipe de secouristes bénévoles a été créée à Bobo Dioulasso dans les locaux de l’Archevêché.

L’objectif était de permettre à cette équipe de former à son tour les secouristes. Dès l’année 2001, un premier noyau de formateurs a été constitué, ce qui a permis d’augmenter année après année le nombre de secouristes. Ils assurent aujourd’hui des missions de soutien et d’aide à la population à travers les postes de secours lors de manifestations sportives et religieuses.

En 2015 l’Ordre de Malte France a formé 600 burkinabés aux premiers secours et a tenu 140 postes de secours lors des manifestations sportives et religieuses. Suite à une convention passée avec l’Institut Supérieur de Protection Civile en 2015, l’Ordre de Malte France a la possibilité d’organiser des formations secouristes et ambulanciers dans les locaux de l’Institut situés à Ouagadougou.

A partir de février 2016, suite à un accord avec la Ministère de la Justice et l’Ambassade de France, les moniteurs secouristes formeront les gardiens de prison dans les trois principales maisons d’arrêt du pays.  

En 2016, les formations au secourisme du travail (SST) seront développées auprès des entreprises burkinabés afin de former leurs employés aux risques de l’entreprise et ainsi participer à la réduction des accidents du travail.